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L’impératif de la sobriété numérique - L’enjeu des modes de vie

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Couverture du livre "L’impératif de la sobriété numérique"

Caractéristiques
Auteur Fabrice Flipo
Éditeur Éditions Matériologiques
Collection Essais
Date de parution Novembre 2020
Langue FR
Nombre de pages 406
Format 16 x 24 cm
EAN 978-2373612585
ISBN
Page Web (éditeur) L’impératif de la sobriété numérique


Présentation par l'éditeur

2020 est l’année de la sobriété numérique : entre la « Feuille de route sur l’environnement et le numérique » du Conseil national du numérique, l’avis du Sénat et le rapport du Shift Project, le sujet n’a jamais été aussi présent. Le déploiement de la 5G est interrogé, voire contesté : ne va-t-il pas accélérer le déluge de données ? La sobriété n’est-elle pas devenue un impératif ? N’implique-t-elle pas de questionner la 5G, voire d’enclencher une dénumérisation ? Cela revient-il à adopter le « modèle Amish », comme l’a dit l’exécutif ? Le numérique n’a-t-il pas connu des gains phénoménaux en matière d’efficacité énergétique, depuis l’ENIAC en 1945 qui consommait 150 kW, pour guère plus de 5 000 opérations par seconde ? N’est-il pas une troisième révolution industrielle, inéluctable, voire même un stade supérieur de l’humanité ? N’est-il pas aussi une très bonne manière de devenir milliardaire ?

Cet ouvrage montre que oui, le numérique suit une trajectoire écologique et énergétique inquiétante : c’est le secteur dont l’empreinte environnementale croît le plus vite. Oui, le numérique s’est « imposé ». Mais quand, comment, pourquoi, par qui ? Le lecteur trouvera des réponses dans ce travail fouillé de philosophie sociale, qui poursuit plusieurs buts distincts : définir le numérique, qui s’avère dépendre plus de la logistique que de Gutenberg ; montrer comment nous sommes devenus dépendants du numérique, en explorant les rapports du Credoc, de Xerfi ou de l’Arcep ; détailler les enjeux écologiques du numérique, au sein d’un cadre théorique dérivé de James C. Scott, autour du concept de « schème étatique » ; analyser le positionnement de divers acteurs dans ce qui fait l’historicité contemporaine ; théoriser ce que sont les modes de vie et comment ils évoluent, avec une thèse forte : c’est « l’effet de réseau » qui caractérise l’historicité humaine, un enjeu mésosociologique qui braque le projecteur sur les architectures de choix, à rebours des débats qui opposent les petits gestes et la révolution.


L'auteur

Fabrice Flipo est philosophe du politique, des sciences et des techniques, chercheur au Laboratoire de changement social et politique à l’Université de Paris, et enseignant à l’Institut Mines-Télécom. Il consacre ses travaux depuis une quinzaine d’années à l’écologie politique, à la décroissance, au changement social et politique, et à l’écologie du numérique.

Source : Matériologiques


Table des matières

  • Introduction – L’enjeu de la sobriété est celui du contrôle de l’historicité
  • Chapitre 1 : La numérisation des modes de vie
  • Chapitre 2 : Numérique : une trajectoire incompatible avec les équilibres vitaux de la biosphère
  • Chapitre 3 : L’union sacrée autour de l’efficacité, pour maintenir la direction de l’historicité des modes de vie
  • Conclusion – Que faire ? Mettre fin à l’utopie des flux infinis, reprendre la main sur les filets, et donc sur les pêcheurs

La table des matières complète est à consulter sur le site de l'éditeur.


Notes de lecture

Introduction – L’enjeu de la sobriété est celui du contrôle de l’historicité

Puisque nous sommes en 2020, nous pouvons constater que les émissions du secteur TIC ont été assez bien anticipées : elles s’élèvent à 1,5 milliard de tonnes de carbone, soit 3 % des émissions de GES planétaire, 50 % de plus qu’en 2007.1) Mais les gains sur les autres secteurs ne se sont pas réalisés.2) Au contraire 2019 a été une année record (figure 2). […] La digitalisation du monde est incontestable. Mais les réductions espérées ne se sont pas produites. Pire, les émissions ont augmenté. Cela alors que le Giec se montre chaque fois plus alarmant, dans ses rapports, et que les chercheurs en écologie Steffen et Rockstrom3) montrent que nous nous approchons d’un basculement global (« tip-ping point »), qui sera meurtrier (figure 3).

Pourquoi une telle erreur, très lourde de conséquences ? La raison est simple : le numérique a continué d’être ce qu’il est : une troisième révolution industrielle, un moyen de produire et de consommer plus. De ce fait, les gains en efficacité qui ont pu être obtenus ont été compensé par la croissance des consommations permises par ailleurs, comme l’établit une étude récente (2020).4)

Introduction – L’enjeu de la sobriété est celui du contrôle de l’historicité – Pages 22 & 23

  • À propos du rapport SMART 2020 et de « l’effet rebond » :

Pourtant, en 2008, le rapport SMART 2020 du Global e-Sustainability Initiative (GESI) estimait que les technologies numériques pouvaient permettre une réduction de 15 à 30 % des GES mondiaux d’ici 2020. Force est de constater que les GES globaux n’ont cessé de s’accroître depuis, tout comme la part des GES attribuables aux technologies numériques, lesquels représentent désormais plus de 4 % des GES mondiaux. L’une des failles de ce rapport est de ne pas prendre en compte les conséquences liées à l’effet rebond.

« L’effet rebond : la face cachée du bilan environnemental des technologies numériques » sur www.ethique.gouv.qc.ca – 26/02/2021


Pourtant le problème des priorités est bien là : l’agriculture nourrit, et sans nourriture, on meurt – même avec des lunettes en réalité virtuelle. Et tout indique que le déploiement du numérique, tel qu’il se joue en ce moment, et depuis plusieurs années, soit triplement incompatible avec le développement de la vie sur Terre : par ses implications écologiques directes (consommation de ressources, d’énergie) ; par son action « fluidifiante » sur la croissance de la production, « troisième révolution industrielle »5). […] Pas tout à fait inconscient de la situation, Elon Musk évoque la nécessité de se réfugier sur Mars pour sauver l’espèce6). […] Telle semble être la vision des industries du « progrès », gavées d’égoïsme et de science-fiction – et de démission devant leur responsabilité. Ils ont largement l’oreille des gouvernements : le Green New deal européen reprend largement ce discours pro-numérique, et propose un scénario certes ambitieux mais peu réaliste, car éloigné des dynamiques réelles des acteurs […].

Introduction – L’enjeu de la sobriété est celui du contrôle de l’historicité – Pages 29 & 30


Le numérique bouscule bel et bien les usages de l’information et de la communication. C’est un déferlement, c’est-à-dire une « poussée massive et continue » (CNTRL). Et pour qui n’a pas été geek en effet il s’agit bien d’une poussée, et non d’un désir ou d’une fête : nous somme poussés dans le numérique, et tant pis si l’on n’est pas d’accord. En dix ans, le smartphone, encore absent de notre étude en 2009 (nous écrivions que l’internet par smartphone était une possibilité technique très peu utilisée par les usagés, et il ne nous paraissait pas évident que les espoirs du marketing dans ce domaine soient réalisés)7), et absent de la plupart des documents à cette époque, est devenu incontournable. Le marché planétaire a été saturé : 6 milliards d’usagers ! Et 1,5 milliards d’unités sont vendues annuellement. C’est 300 000 tonnes de smartphones qui sont ainsi écoulés chaque année, si l’on part d’une base de 200 grammes l’unité. C’est 30 fois la Tour Eiffel. Est-ce beaucoup ? C’est peu dans l’absolu : le commerce mondial de pondéreux s’élève à 13 milliards de tonnes environ8), sachant que ce chiffre masque des différences importantes entre région : un habitant d’Amérique du Nord consomme 30 tonnes, un Européen 20, tandis qu’un Africain mobilise en moyenne moins de 3 tonnes9). Les smartphones ne représentent donc que 0,00002 % du flux total, autant dire : rien.

Mais induisons tout de suite un doute dans l’esprit du lecteur : et si c’était le smartphone qui commandait le déplacement de tout le reste ? Après tout, nous commandons presque tout, depuis ce petit appareil : vêtements, musique, devis en tout genre, nourriture, et bientôt même les voitures (« autonomes »). Tout ce qui est autour de nous ou presque aurait pu être appelé par ce moyen. C’est dire si ce petit appareil est potentiellement puissant. Avec lui, j’appelle un produit fabriqué en Chine, en utilisant du charbon australien. Avec lui, on se prendrait presque pour Dieu le père – du moins en apparence. Face à un tel pouvoir, la sidération l’emporte souvent sur tout autre considération. Avec lui, jamais la portée de notre action n’a été aussi grande – et cela alors qu’à l’évidence nous avons les plus grandes peines à assumer les responsabilités qui vont avec, en dépit des thèses largement diffusées de Hans Jonas, pour une éthique technologique10). Quand j’achète, que j’acquiers cette capabilité, je fais fonctionner la mondialisation. Énorme ! Comme disent les jeunes. Sans nous en rendre compte, et donc sans l’anticiper, ou pas assez, un choix collectif décisif a été fait en matière de structuration du monde – en termes de schématisation, c’est-à-dire de structuration collective de l’action.

Introduction – L’enjeu de la sobriété est celui du contrôle de l’historicité – Pages 56 & 57


Chapitre 2 – Numérique : une trajectoire incompatible avec les équilibres vitaux de la biosphère

Si l’on se tourne vers l’avenir, Anders Andrae et Thomas Edler proposent trois scénarios à 2030, qui jouent sur le nombre de produits connecté, la puissance de calcul total appelée ou encore les gains espérés en efficacité énergétique dans l’ensemble du système technique. Le scénario « attendu » (« expected ») se contente de prolonger les tendances actuelles et arrive à 20 % de la consommation mondiale d’électricité en 2030 (autour de 3 % de la consommation d’énergie), avec une pente ascendante assez forte, en 2030 ; d’où une forme proche d’une exponentielle, dont la caractéristique est de démarrer lentement et d’accélérer. Si l’on prolonge cette courbe à la main, le numérique absorberait en 2050 autant d’énergie que la totalité consommée dans le monde en 2020. Et ce n’est que le scénario « attendu », pas le pire. La trajectoire la plus énergivore, parmi celles qui sont possibles, anticipe un ralentissement des gains en efficacité énergétique : elle aboutit à une consommation de 50 % de l’électricité globale dès 2030.

Chapitre 2 – Numérique : une trajectoire incompatible avec les équilibres vitaux de la biosphère – Page 208


Le poids du numérique de la vidéo explique que cet usage tienne le haut du pavé, dans la consommation de données : Netflix représente aujourd’hui 15 % du trafic internet global, Youtube 11,4 % Amazon Prime vidéo 3,7 %. Le téléchargement sur Playstation représente cependant le chiffre incroyable de 2,7 % du trafic global.11) Le web (HTTP) classique culmine à 10 %, ce qui inclut les requêtes de Google […]. Sur Mobile, Youtube fait 37 % du trafic. Les réseaux sociaux sont aussi un facteur majeur de trafic, car ils sont riches en images : Snapchat 8,3 % du trafic, Instagram 5,7 %, Facebook 8,4 %, Whatsapp 3,7 %, Netflix 2,4 %.12) Quoi de plus facile que de poster une vidéo ou une image sur WhatsApp ? Le modèle économique de ces applications est entièrement pensé pour faciliter cet usage…

Les vidéos disposent certes de multiples logiciels de compression mais à quoi bon encore s’en servir si le matériel n’y contraint plus ? N’est-ce pas ce qui s’est déjà produit avec le codage informatique ? Quand la machine suit, qui se soucie encore de programmer « propre » ? L’économie d’efforts l’emporte, la programmation se fait « rapide et sale » (« quick and dirty »).

D’après Cisco, le trafic vidéo passe de 50 exabytes (EB) en 2017 à près de 300 en 2022 : + 33 % par an : un triplement tous les cinq ans. La résolution standard stagne, en termes de trafic, tandis que la haute définition augmente de près de 50 % et l’ultra-haute définition prend une place croissante. Peut-on réguler ? Comment ? […] Les images ou vidéos vont-elles être postées sur Instagram, Youtube ou Facebook, etc ? Et combien de personnes vont le faire ? […] Quelle sera la quantité de calcul ou de trafic nécessaire ? Il se chiffrera sans doute en unités encore inconnues, puisqu’il n’y a rien, pour le moment, au-delà du yottabyte (1 000 000 d’exabytes)…

L’image pixelisée envahit aussi le « monde réel » (« real life »). Les écrans plats et indéfiniment extensibles ont l’intérêt de pouvoir être disposés partout, pas seulement à la maison ou en usage mobile. […] Un panneau numérique urbain à deux faces consomme 12 fois plus que son équivalent déroulant papier.13) Soit autant que 3 foyers (12 000 kWh/an) ; et encore, la facture paraît sous-estimée car le document de JCDecaux ne semble pas envisager un fonctionnement 24/7, alors que tel est souvent le cas.14)

Et ce n’est pas fini. D’après la voie que el GSMA appelle de ses vœux et célèbre comme un progrès, les foyers disposeraient aussi de deux voitures « connectées ». Or ce sont des monstres de consommation de données. En 2016, Intel annonçait que l’objet consommait 4 pétaoctets… par jour15), sachant qu’en 2020 une personne génère ou fait transiter 5 GB/j (150 GB/mois, fixe et mobile cumulé, en France) : 1 million de fois plus. Récemment Thierry Breton, PDG d’Atos (une entreprise de services du numérique), réévaluait ce chiffre à 30 pétaoctets par jour, et il ajoutait :

C’est absolument gigantesque. Aucun réseau ne peut supporter cela. La fonction de traitement de donnée du véhicule électrique ou de la voiture autonome sera sans doute plus consommatrice d’énergie que sa fonction de mobilité. C’est un sujet dont on ne parle pas aujourd’hui.16)

[…]
La voiture autonome n’est finalement qu’un cas particulier de « l’IA » et du « big data » (données massives ou mégadonnées). Cisco le dit : tous les domaines du traitement de l’information, dans tous les secteurs de l’économie, sont susceptibles d’y recourir, et cela dans des quantités sans limites perceptible, à nouveau, pour une raison bien simple : le numérique est un monomédia, qui permet l’interconnexion de toutes les productions d’informations entre elles ouvrant la possibilité de les intégrer dans un seul calcul gigantesque. Rien de tel n’est possible avec le papier, la télévision ou la photo, car ces supports ne sont pas connecté entre eux.

Chapitre 2 – Numérique : une trajectoire incompatible avec les équilibres vitaux de la biosphère – Pages 220 à 223

  • Une autre façon intéressante de présenter notre consommation de données sur internet, est de la rapporter à une unité de temps plus palpable, car nous les humains, nous avons du mal à visualiser les chiffres trop importants… C’est ce qu’a fait Tristan Gaudiaut, avec un petit graphique qui nous présente ce qui se passe en « Une minute sur Internet en 2020 » ! – statista – 17/09/2020


Suite à rédiger…


Du même auteur

  • Peut-on croire aux TIC vertes ? – Technologies numériques et crise environnementale
    • Auteurs : Fabrice Flipo, François Deltour, Michelle Dobré & Marion Michot
    • Éditeur : Presses des Mines
    • Date de parution : Septembre 2012
  • La face cachée du numérique – L'impact environnemental des nouvelles technologies
  • La Numérisation du monde – Un désastre écologique
    • Auteur : Fabrice Flipo
    • Éditeur : L’échappée
    • Date de parution : 08/10/2021 (À paraître :!:)


Articles divers, podcast & vidéos qui parlent du livre

  • La sobriété numérique, le seul choix possible ! [PDF - 242 Kio] – Analyse de Géraldine Duquenne – Commission Justice & Paix – 23/06/2021
    • Ces 20 dernières années, le numérique s’est progressivement imposé dans nos vies. Incarnation du progrès dans l’esprit d’une large majorité, il serait une clé essentielle dans la lutte contre le réchauffement climatique. Il apparaît ainsi dans toutes les stratégies politiques comme une évidence. Et pourtant, le numérique a une empreinte écologique lourde et croissante. Nos sociétés seraient-elles en passe de commettre l’erreur du siècle ?
    • Cette analyse s’inspire du livre de Fabrice Flipo : L’impératif de la sobriété numérique.


Poursuivre la réflexion avec d'autres livres...

Vers un numérique responsable - Repensons notre dépendance aux technologies digitales

Sobriété numérique - Les clés pour agir

Numérique responsable - L’informatique peut-elle être écologique ? (Magazine Kaizen, hors-série)

Cyberminimalisme - Face au tout-numérique, reconquérir du temps, de la liberté et du bien-être

L'Âge des low tech - Vers une civilisation techniquement soutenable - Livre de poche

La Servitude électrique - Du rêve de liberté à la prison numérique

Voir aussi :



Pages dans la catégorie :

1)
Malmodim, Jens & Lunden, Dag, « The Energy and Carbon Footprint of the Global ICT and E&M sectors 2010-2015 », Sustainability 10(9) 2018, p. 3027.
2)
Fabrice Flipo fait ici référence aux réductions de GES que le rapport SMART2020 du GeSI qui estimait à l’époque – le rapport SMART2020 date de 2008 – que les technologies numériques pouvaient permettre une réduction de 15 à 30 % des GES mondiaux d’ici 2020.
3)
Steffen, Will et al., « Trajectories of the Erath System in Anthropocene », Proceedings of the National Academy of Sciences 115(33), août 2018, p. 8252.
4)
Lange, Steffen, Pohl, Johanna & Santarius, Tilman, « Digitalization and energy consomption. Does ICT reduce energy demand? », Ecological Economics 176, octobre 2020, 106760.
5)
Castells M., La société en réseaux, Fayard, 1998
8)
PNUE, « Global Ma terial Flows ab-nd Ressources Productivity. An Assessment Study of UNEP International Ressources Panel », 2016, p. 15.
9)
Ibid.
10)
Jonas Hans, Le principe responsabilité. Une éthique pour la civilisation technologique, Le Cerf, 1990. [Voir par exemple l’article « Explication synthétique de JONAS, H., Le principe responsabilité, 1979. »]
15)
Brian Krzanich, « Data is de new oil in the future of automated driving », 15 novembre 2016
16)
Ridha Loukil, « “L’edge computing est une plus grosse opportunité que le cloud", affirme Thierry Breton, PDG d’Atos », L’Usine nouvelle, 17 mai 2019 [Article réservé aux abonnés…]
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